Mais où va le monde si même à un médecin il n’est plus possible de faire confiance ? C’est en tout cas ce à quoi sont confrontées la plupart des populations en Afrique. Dans beaucoup de pays, il est monnaie courante quand on se rend chez un pharmacien de tomber sur un produit falsifié ou de mauvaise qualité. Le phénomène est tel que 30% à 60% des médicaments en vente peuvent être nocifs pour la santé alors qu’ils représentent une proportion d’à peine 1% dans les pays développés. Si jusqu’ici les instances internationales n’ont pas levé le petit doigt, le président togolais Faure Gnassingbé accompagné de cinq autres chefs d’Etat africain a décidé de réagir pour sauver l’Afrique.

Un bilan bien sombre pour le continent africain

Chaque année, l’Organisation Mondiale de la Santé comptabilise plus de 122 000 enfants de moins de cinq ans qui sont tués par des médicaments falsifiés. C’est une véritable épouvante quand on sait que les conditions de vie ne sont pas du tout faciles pour les populations. De nombreuses familles, pensant ainsi se battre pour préserver la santé de leur progéniture, leur fourniraient plutôt des médicaments qui, non seulement ne les guériraient pas, mais aggraveraient leur état jusqu’à leur ôter la vie. Il faut savoir que la vente de faux médicaments est un trafic qui rapporte 10 à 25 fois plus que la vente de drogue sur le continent. Chaque année, il génère environ 200 milliards de dollars.

Une initiative pour changer la donne

Les présidents du Togo, du Congo, de la Gambie, du Niger, de l’Ouganda et du Sénégal se réuniront les 17 et 18 Janvier prochains afin de prendre des actions pour lutter contre ce fléau. La rencontre, pilotée par la Fondation Brazzaville, se tiendra à Lomé dans la capitale togolaise. Dans une Tribune parue dans le magazine Jeune Afrique, le chef de l’Etat togolais SEM Faure Gnassingbé souligne que la tenue de cette rencontre permettra la signature d’un accord intergouvernemental pour harmoniser les normes de contrôle et mettre en place des mécanismes visant à assurer l’application rigoureuse des sanctions pénales. Les pays ratifiront également la Convention Medicrime et la Convention de Palerme contre la criminalité organisée.

Une telle initiative est définitivement à saluer de la part de ces dirigeants. On peut espérer que d’autres chefs d’Etat emboîteront le pas et prendront conscience de la gravité de la situation. Il ne s’agit pas seulement d’éradiquer un fléau mais de respecter les droits fondamentaux des individus.