Volontariat national et développement social : Y a-t-il un rapprochement ?

De manière manifeste, l’opinion publique togolaise a tendance à interpréter faussement le concept de volontariat. D’aucuns pensent que c’est simplement un moyen de s’occuper ; d’autres trouvent que c’est une alternative lorsqu’il n’y a plus d’activité à mener. Ces diverses interprétations traduisent infidèlement l’essence du volontariat, laquelle est intrinsèquement liée au développement national. De fait, depuis la création de l’Agence nationale du volontariat au Togo (ANVT) en 2015, d’importantes avancées en matière de développement durable sont perceptibles. Quelles sont-elles ?

A plusieurs reprises, il a été prouvé que le modèle de volontariat déployé au Togo fait partie des meilleurs de la sous-région, voire du monde entier. Pourtant, il n’est arrivé qu’à la suite du Provonat grâce à une volonté du gouvernement à créer des mécanismes d’insertion et d’amélioration de l’employabilité des jeunes togolais.

Volontariat au Togo : des chiffres encourageants

Depuis sa création, l’ANVT a mobilisé 19.724 jeunes volontaires (en raison de 3.335 volontaires de compétence, 15.472 volontaires d’engagement citoyen, 895 volontaires seniors et 22 volontaires internationaux de réciprocité). Ces volontaires sont accueillis dans 1.419 structures issues de l’administration publique, d’organisations d’insertion professionnelle, d’organisations non gouvernementales, d’organismes internationaux, etc. Dans le domaine de la santé, plus de 1.000 volontaires nationaux se dédient à l’amélioration de la couverture sanitaire du pays et de la qualité des services hospitaliers. Pour ce qui est de l’éducation et de la protection de l’enfance, environ 200 volontaires contribuent à la réduction du trafic des mineurs et à la prise en charge des laissés pour compte. Au même moment, plus de 200 volontaires nationaux forment et sensibilisent l’opinion nationale sur les violences faites aux femmes et la scolarisation de la jeune fille.
En octobre 2019, la quatorzième vague (plus de 500 volontaires nationaux parmi lesquels on trouve des sociologues, des professionnels de santé, agronomes, communicants, enseignants etc.) a prêté serment pour appuyer les organisations publiques ou de la société civile dans le domaine de la santé, du développement communautaire, de l’agriculture, du droit, de la justice et de l’éducation. Ces volontaires ont juré de travailler sur toute l’étendue du territoire national, partout où le besoin se fera ressentir.

Bien fondé du volontariat

Il convient de détacher le volontariat de l’emploi. Le volontaire n’est pas un employé mais il renforce ses capacités et ses expériences pour un emploi à l’avenir. Il ne perçoit pas de salaire mais d’indemnités qui lui permettent de couvrir ses frais. Le volontariat est destiné à servir une cause d’intérêt général auprès d’une collectivité, d’un mouvement associatif ou d’un service public sans forcément en attendre un bénéfice ou tout avantage dû. L’engagement volontaire s’effectue pour une durée déterminée et devient l’activité principale du volontaire. Cette mission renforce l’engagement citoyen du volontaire, son esprit de solidarité, son sens du respect d’autrui et contribue au développement national.