L’agriculture emploie 51,1% des femmes togolaises contre 48,9%. Elles s’occupent essentiellement de la production vivrière. La classification de la population agricole par sexe pour l’ensemble du pays révèle que les femmes sont beaucoup plus présentes dans le secteur agricole et fortement représentées à tous les niveaux de la chaîne de production.
Le secteur agricole est un moteur essentiel pour le développement socioéconomique du Togo. Il occupe 96% des ménages ruraux avec près de 54% de la population active. L’agriculture contribue à 40% à la formation de la richesse nationale (PIB) et génère plus de 20% des recettes d’exportation. La femme togolaise contribue ainsi au développement de l’économie en jouant une grande partition dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Toutefois, l’accès au foncier demeure un handicap pour la femme paysanne. C’est pourquoi le gouvernement et ses partenaires comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne (UE) et la Coopération allemande (GIZ) veulent apporter une réponse à cette situation. Des textes juridiques ont été élaborés pour que la femme ait plus accès à la terre pour apporter plus dans la chaîne de production. Entre autres, il s’agit du code de la famille et des personnes qui donne un statut égal aux femmes et aux hommes en matière d’accès à la terre, la loi d’orientation agricole etc.

Mais…

Malgré ces dispositions légales qui consacrent le droit successoral de la femme, les pesanteurs socio culturelles ajoutées à la méconnaissance des textes privent la femme agricultrice de son outil de travail qu’est la terre. Derrière cette implication active dans la chaîne de valeur agricole, la femme paysanne est celle qui bénéficie le moins des moyens pour la production, en se basant sur sa contribution à la création de la richesse nationale. Aujourd’hui, le gouvernement entend faire contribuer les autorités locales, traditionnelles ainsi que les femmes elles-mêmes pour faire respecter ce qui est prévu dans les textes.