Diversifier le secteur de l’économie, formaliser le secteur informel et développer l’agriculture (41% du produit intérieur brut) en la rendant beaucoup plus productive et compétitive, c’est de toute évidence, sur ces fronts que le Togo bataille. Finalité, faire reculer la pauvreté, phénomène beaucoup plus accentué en milieu rural. La catégorie des jeunes vulnérables est bien évidemment la plus touchée par le phénomène.

Dans l’optique de venir en aide à ces jeunes, le gouvernement lance le projet d’opportunités d’emplois pour les jeunes vulnérables (EJV).

En quoi consiste le projet EJV ?

Le projet (EJV) consiste à fournir aux jeunes pauvres et vulnérables ciblés des opportunités d’avoir des activités génératrices de revenus. L’initiative couvre une période de 3 ans, soit de 2018 à 2021. A travers elle, le gouvernement compte toucher environ 14 000 jeunes (hommes et femmes) togolais âgés de 15 à 35 ans en situation de pauvreté et/ou de vulnérabilité issus de 200 villages différents. A terme de ce projet, les capacités des 14 000 jeunes vulnérables sélectionnés, seront renforcées en développement d’affaire et sur les questions de citoyenneté. Egalement, 10 000 jeunes vulnérables bénéficieront de subventions pour le lancement ou l’expansion de leurs activités génératrices de revenus.

Convaincue de la volonté et l’effort du gouvernement togolais en faveur de l’inclusion sociale et économique des jeunes, la Banque mondiale prend en charge le financement pour la réalisation du projet EJV. Les couts et ressources nécessaires pour sa réalisation s’élèvent à 15 millions de dollar US soit 9,285 milliards de francs CFCFA. (Taux de conversion : 619 CFA = 1$US).

Le projet EJV et ses retombées

Lancé en 2018, le projet d’opportunités pour l’emploi des jeunes porte des fruits. Déjà, le projet a employé plus de 5000 jeunes. Selon l’Agence nationale d’appui au développement à la base (ANADEB), Ils sont au total 5101 jeunes, issus de 73 villages à en avoir bénéficié, notamment via les THIMO (le projet des Travaux à haute intensité de main d’œuvre). Notons qu’il reste encore près de 9000 jeunes vulnérables à sélectionner, dans plus de 120 villages.

A côté du projet EJV, existe le projet le projet FBS (Filets sociaux et services de base). Tous les deux projets sont exécutés par l’ANADEB, le bras opérationnel du ministère en charge du développement à la base.

C’est au cours d’un atelier tenu du 4 au 19 mai que les bénéficiaires des deux projets ont été identifiés de façon nominative par tirage au sort. A cet atelier, précise un communiqué (6 juin 2018) du ministère en charge du développement à la base, 650 communautés bénéficiaires ont été tirés au sort par les 2501 représentants des 150 cantons les plus pauvres des 5 régions du Togo, en présence des préfets des localités concernées, des Chefs de cantons, sous le contrôle technique de l’ANADEB et de l’Institut National de la Statistique des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED), conformément aux prescriptions convenues entre le Togo et la banque mondiale.

Togo EJV : quid de l’avenir ?

A court terme, le projet EJV devrait se développer pour toucher encore plus de bénéficiaires. Mais il est nécessaire de regarder les choses en face : le projet EJV n’est pas du tout destiné à être un palliatif systématique à la pauvreté qui touche la jeune population togolaise. Par le biais du projet EJV, le but est de permettre à chacun de devenir indépendant. Et non de maintenir chacun sous perfusion. Il y a donc fort à parier qu’avec le bon développement de l’économie togolaise et les nombreuses réformes engagées par le gouvernement, le tout couplé à des projets sociaux ambitieux, les programmes tels que le projet EJV n’auront plus lieu d’être tout simplement parce que les fléaux de la pauvreté et de la précarité auront été endigués.