Au cours de ces dernières années, l’Etat togolais a mis en place des politiques de développement qui visent à garantir aux populations l’accès aux services financiers sans difficultés majeures. Entre autres avantages, cette démarche vise à atteindre l’inclusion financière et par conséquent, le développement socio-économique du pays. A l’état actuel des choses où les services financiers (ainsi que les services financiers décentralisés) sont légion, combien de Togolais y ont véritablement accès ?

Les chiffres d’une enquête réalisée en 2016 renseignent que 60% de la population togolaise, âgées de quinze (15) ans et plus, ont accès aux services financiers. Ce résultat doit en partie son essence à la création du Fonds national de la finance inclusive (FNFI) en 2014. Réalisée sur toute l’étendue du territoire national, dans la période comprise entre mars et avril 2016 avec un échantillon représentatif de 5197 individus, l’enquête révèle comment les togolais âgés de quinze (15) ans et plus gèrent leurs finances et les facteurs qui influencent leur accès aux services financiers. Elle a également permis d’identifier le rôle des secteurs financiers formels et informels dans l’environnement financier du Togo en s’appuyant sur des indices et des données économiques notamment le crédit, l’épargne, la monnaie électronique, les services bancaires et l’assurance. Aujourd’hui, on note une progression non négligeable de la population ayant accès aux services financiers en particulier les services financiers décentralisés notamment T-Money, Flooz etc.

Accès aux services financiers : des défis restent à relever

Les chiffres témoignent à suffisance que des efforts sont réalisés pour faciliter l’accès aux services financiers. Le gouvernement compte poursuivre ces efforts pour que les personnes, financièrement exclues et qui viennent principalement des milieux ruraux et dont la plupart d’entre elles sont des femmes, âgées de 14 à 34 ans, sans éducation formelle aient accès aux services financiers. Pour un diagnostic sur l’inclusion financière, le cabinet ACR (Assistance Consulting and Research) s’est approché des banques, des compagnies d’assurances, des Systèmes financiers décentralisés (SFD), des sociétés de téléphonie mobile, des acteurs ou partenaires techniques et financiers etc. L’étude a révélé que les efforts d’inclusion financière ont touché 60% de la population adulte, 27% ont accès au crédit, 43% épargnent, 19% utilisent les produits d’assurance, 24% utilisent le mécanisme de mobile money mais, l’éducation financière demeure un défi.