La contractualisation des hôpitaux est une initiative qui entend rendre plus efficace le système sanitaire au Togo et améliorer la performance des structures ciblées. Lancée (phase pilote) en juin 2017 à Atakpamé et Blitta, puis étendue à Dapaong, Kara, Sokodé ainsi qu’au CHU Sylvanus Olympio de Lomé, la contractualisation des hôpitaux devrait bientôt être étendue à huit (08) autres hôpitaux publics du pays.

Récemment, le gouvernement a émis un avis d’appel à manifestation d’intérêt afin de recruter des sociétés pour la contractualisation de ces huit (08) structures. Il s’agit essentiellement des hôpitaux d’Aného, de Bè, de Lomé commune, du CHU Campus, de Tsévié, de Kpalimé, de Notsè et de Sotouboua. Par ailleurs, les autorités en charge du domaine de la santé assurent que cinq (05) de ces centres seront adéquatement équipés dans l’optique d’offrir des soins de qualité aux patients.

Premiers fruits

A Siou par exemple, le taux de fréquentation a augmenté de 20%, celui des consultations externes de 31%, le taux d’hospitalisation de 7% et le taux d’imagerie de 18%. Aussi, les recettes des prestations ont augmenté de 21%, celles de la pharmacie de 64%, entraînant une hausse totale des recettes de 44%. Le nombre total de consultations a été multiplié par deux, de même que celui de la 4ème consultation prénatale. De surcroît, les recettes ont connu une hausse de 66%. En novembre 2018, le compte bancaire du CMS de la localité a été crédité de 9.386.562 francs CFA. Outre ces données, la contractualisation des formations sanitaires s’est soldée par une disponibilité des médicaments (à 95%) dans les centres contractualisés, un diagnostic pertinent des besoins, la salubrité des centres, la motivation et la valorisation des agents désormais impliqués dans la gestion à travers le comité de trésorerie, le renforcement de l’appui des partenaires. Par ailleurs, le bloc opératoire du CHR d’Atakpamé a été réhabilité pour un montant de 167 millions de francs CFA, la radiographie du CHU-Kara a été équipée en appareil estimé à 170 millions de francs CFA. Après quelques mois seulement, les résultats de la politique de contractualisation des hôpitaux sont perceptibles. On enregistre une augmentation du taux de fréquentation dans les centres de santé, de consultations et d’hospitalisation. Aussi, on note une hausse de recettes ainsi qu’une meilleure fourniture en termes de médicaments.

L’identité des hôpitaux ne change pas

En réalité, la contractualisation n’est pas synonyme de privatisation. La formation sanitaire reste publique. Autrement dit, c’est l’Etat qui continue de payer les agents, les équipements et tout ce qui peut faire fonctionner normalement l’hôpital. Simplement, une entité non-étatique est recrutée avec pour cahier des charges d’aider à mettre en place les mécanismes d’une bonne gestion. Par conséquent, le ministère de la Santé, qui est le niveau central, est tenu informé afin de veiller à la régularité et à la pertinence des actions et des dépenses.