Il y a une évidence, le gouvernement togolais veut à tout prix combattre la pauvreté. Pour y parvenir, les institutions gouvernementales et non gouvernementales ont orienté leurs actions vers l’attribution des crédits pour promouvoir les micros entreprises. Ce système appelé microfinance ou Système financier décentralisé (SFD) consiste à offrir des services financiers de proximité aux populations ayant des revenus faibles et qui n’ont pas accès aux services bancaires classiques.

Le gouvernement togolais veut faire sortir les citoyens de la pauvreté en leur accordant des micros crédits pouvant leur permettre de mener des Activités génératrices de revenus (AGR). Pour ce faire, il a créé en 2014 le Fonds national de finance inclusive (FNFI), un véritable outil de lutte contre la pauvreté. En cinq (05) ans, les produits offerts par l’institution notamment l’Accès des pauvres aux services financiers (Apsef) ont permis d’octroyer un total de 1.553.000 crédits avec un montant de 80,847 milliards de francs CFA. De 2014 à 2019, les personnes touchées sont estimées à plus de 2.000.000.

Institutions de microfinance privées

En dehors des structures étatiques, il existe des institutions de microfinance privées qui accordent des crédits aux populations pauvres, surtout aux femmes. Il s’agit entre autres de la Faîtière des unités coopératives d’épargne et de crédit (Fucec), la Coopérative d’épargne et de crédit des assemblées de Dieu (Coopec-AD), Wages etc. En 2016, le nombre de clients de ces institutions était estimé à 2.076.684. Il est passé à 2.130.939 au premier trimestre de l’année 2017, soit une croissance de 2,6%. Grâce à ces institutions, les ménages pauvres ont accès à de diverses gammes de services financiers pratiques, souples et à des prix raisonnables. Ces services ont permis à ces ménages d’épargner de l’argent. Conséquence, ils n’ont plus à lutter au quotidien pour survivre mais d’investir afin d’améliorer leur nutrition, conditions de vie, santé et d’assurer l’éducation de leurs enfants. La contribution de ces institutions de microfinance n’est pas anecdotique. Selon les données de l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (Inseed), le taux de pauvreté qui était évalué à 55% en 2015 est passé à 53,5% en 2017.
Mieux, le nombre de SDF dans l’Uemoa est estimé à environ 595 à la fin du mois de mars 2019. Quant à l’accès des populations aux services financiers fournis par les institutions de microfinance, il s’est accru de 10,4% en glissement annuel. Le nombre de bénéficiaires sur la même période est de 14.611.866 contre 13.235.772 un an plus tôt. Le montant collecté s’était établi à 1390,8 milliards de francs CFA contre 1284,7 milliards de francs CFA un an plus tôt, soit une augmentation de 11,4%. Cette avancée est enregistrée au Mali (+20,0%), au Togo (+16,0%), en Côte d’Ivoire (+15,1%), au Sénégal (+10,3%), au Bénin (+9,9%), au Burkina (+3,7%) et au Niger (+0,5%).