Alors que les débats font rage en occident sur l’utilisation de la chloroquine, les scientifiques et spécialistes médicaux au Togo appellent, eux aussi, à la prudence. Néanmoins, il a déjà été annoncé que la chloroquine pourra être utilisée dans le traitement des cas déclarés de covid-19.

La chloroquine, ce cher médicament peu couteux est-il efficace ?

La grand question que tout le monde se pose est : ce médicament est-il décrié à cause de son faible coût (alors que des millions ont été dépensés en recherche sur un éventuel vaccin) ou à cause de son efficacité non démontrée ?

Utilisé depuis des décennies, la chloroquine est un médicament antipaludique dont on  connaît bien les effets tant désirables qu’indésirables. Certains dosages sont donc à respecter sans quoi son utilisation mène à l’intoxication. Il y a déjà des cas au Nigeria notamment : la population s’est ruée sur cet antipaludique et 3 personnes ont dû être hospitalisée pour surdosage. Aux Etats-Unis on compte déjà un mort pour un couple ayant acheté du phosphate de chloroquine pour aquarium et l’ayant mélangé à un soda dans l’espoir de prévenir une possible infection du coronavirus.

La polémique est partie d’une vidéo du Professeur français Didier Raoult visionnée 850 000 fois sur youtube présentant une étude clinique sur 24 patients infectés au Covid 19 traités avec de l’hydroxychloroquine.

Le médecin épidémiologiste togolais, agrégé de l’Université de Lomé, le professeur Didier Koumavi EKOUEVI pointe du doigt les faiblesses dans cette étude que d’autres scientifiques ont également décelés :

  • la petite taille de l’échantillon
  • l’absence d’étude sur les effets secondaires
  • l’absence de randomisation

Partant de ce constat, la communauté scientifique est divisée et pour résoudre les points de vue divergents, un essai randomisé a été lancé en Europe (Essai Discovery) dont les résultats sont attendus dans une dizaine de jours.

Le Togo autorisera l’utilisation de la chloroquine (plaquénil ou nivaquine) mais en interdira l’accès en pharmacie

Pour soutenir la lutte contre le virus, le gouvernement devrait accepter l’utilisation de la chloroquine dans un cadre strict avec protocole d’utilisation et surveillance médicale. A noter que le professeur Raoult n’est pas le premier à parler d’utiliser ce médicament puisque des études ont également été publiées par les chercheurs chinois lors de l’explosion de l’épidémie dans la ville de Wuhan en début d’année.

Néanmoins la chloroquine ne sera pas disponible pour la population dans les pharmacie afin d’éviter toute intoxication. Il faudra également faire attention à une possible augmentation de vente de contrefaçon de chloroquine qui pourrait entraîner plus de problèmes que de solutions.