L’eau est une ressource indispensable à la vie. Elle l’est devenue davantage avec l’apparition impromptue de la maladie du coronavirus dont l’un des gestes barrières recommandés est le lavage régulier des mains. Le Togo s’est dépêché de mettre en œuvre des mesures sociales pour faciliter l’accès à l’eau potable gratuite aux populations et par la même occasion, combattre le risque de propagation du virus. Près de trois (03) mois après ces décisions essentielles, le nombre de raccordements et de Togolais ayant accès à l’eau s’est accru.

La gratuité de la tranche sociale de l’eau est l’une de ces mesures prises pour accompagner les citoyens pendant la période de l’état d’urgence sanitaire. Elle devrait permettre, selon les prévisions, d’atteindre 66.000 personnes. Au bout du compte, ce sont 78.000 Togolais qui ont bénéficié de l’accès gratuit à l’eau potable, si on se fie aux chiffres communiqués par la Société togolaise des eaux (TdE).

Principalement, cette augmentation a été facilitée par les raccordements effectués par la société. On dénombre au cours du dernier trimestre, plus de 6500 nouveaux raccordements sur au moins 40.000 demandes. Par ailleurs, le coût total de la prise en charge par l’Etat qui était estimé à 182 millions, est monté à 214 millions de francs CFA.

Au même moment, la gratuité de la prise d’eau aux bornes fontaines publiques, une autre mesure sociale ayant contribué à rehausser l’addition dans le secteur de l’eau, a fait dépenser aux pouvoirs publics, 91 millions de francs CFA. Le coût mensuel initial était d’environ 50 millions. En retour, on note une hausse de la quantité de prise au niveau des 2249 bornes fontaines opérationnelles dans le pays.

L’accès à une eau potable gratuite au Togo, une lutte qui ne date pas d’aujourd’hui

Ces quinze dernières années, le secteur de l’eau est impacté par la vague de mesures gouvernementales. En 2015, le taux d’accès à l’eau potable se situait autour de 25% sur le plan national. Progressivement, il s’est accru. En 2019, on l’estimait à environ 70%.

Qu’est-ce qui sous-tend ce retournement positif de situation ? Plus de 5000 nouveaux forages équipés de pompes à motricité humaine ont été réalisés en milieu rural sur l’étendue du territoire, faisant passer le nombre total de forages à 11.600 en 2019. Aussi, 3200 anciens forages en panne ont été réhabilités. Conséquence, le taux d’accès à l’eau potable dans ce milieu est calculé à 69% aujourd’hui contre 21% en 2005. En milieu semi-urbain, les mêmes objectifs ont aiguillonné les autorités à réaliser 221 mini adductions d’eau dans la région maritime et celle des Plateaux en l’occurrence. Le taux d’accès à une eau saine, de 23% en 2005 est passé 49% en 2019.