La femme occupe une place importante dans l’économie togolaise et c’est bien ce que démontre le rapport « Les femmes, l’Entreprise et le Droit 2020 » fourni par la Banque mondiale. D’après cette étude menée dans 190 pays, le Togo occupe la 6e place en Afrique.

Les droits des femmes dans l’économie togolaise

Depuis toujours les femmes ont été marginalisées dans la société. De l’interdiction totale de travailler à l’autorisation de n’exercer que des métiers déterminés, les femmes se sont toujours vu relayer au second plan face aux hommes dans les organisations. Bien que les mentalités soient entrain d’évoluer pour garantir l’égalité des sexes, dans beaucoup de domaines encore, la gent masculine est privilégiée. Dans son étude « Les femmes, l’Entreprise et la loi 2020 », la Banque Mondiale analyse les lois et les règlements qui affectent l’inclusion économique des femmes dans les différents pays. Parmi les indicateurs, elle s’intéresse notamment à la mobilité, le lieu de travail, la rémunération, le mariage, la parentalité, l’esprit d’entreprise, les actifs et les pensions. Le rapport met à jour tous indicateurs au 1er Septembre 2019 et établit des preuves concernant les liens entre l’égalité juridique entre les sexes et l’inclusion économique des femmes.

On peut aussi noter la forte représentation des femmes togolaise dans le gouvernement de Faure Gnassingbé à des postes élevés : Victoire Tomegah Dogbé, Sandra Ablamba Johnson, Yawa Djigbodi Tségan, Cina Lawson… et la promotion de leur candidature lors des élections locales (fait rare en Afrique) est également à souligner.

L’émancipation des femmes au Togo

D’après l’étude, les femmes au Togo ont 84% des droits accordés aux hommes. Un pourcentage largement au-dessus de la moyenne en Afrique Subsaharienne. Globalement, en ce qui concerne la liberté de circulation, l’accès à l’emploi, la rémunération au travail et les pensions retraites, elles sont à égalité avec les hommes et ont droit aux mêmes traitements. Une différence apparaît au niveau de la propriété et des questions de succession. Dans ce cas, les femmes ne détiennent que 80% des droits accordés aux hommes. D’autres inégalités importantes se font ressentir en ce qui concerne le mariage, la maternité et l’entrepreneuriat. Il existe de nombreuses contraintes juridiques liées au mariage et les lois sont toujours défavorables aux femmes actives qui ont déjà eu un enfant.

Dans le domaine entrepreneurial, les femmes sont les moins représentées. D’après des données fournies par le Centre de formalités des entreprises (CFE), en 2019, seul 27% des nouvelles structures ont été mises en place par des personnes de sexes féminins, tout âge confondu. Le taux reste encore faible malgré une légère amélioration par rapport à 2018 et compte tenu des initiatives prises par le gouvernement afin de promouvoir la participation des jeunes et des femmes à l’économie.

Toutes choses égales par ailleurs, le Togo est à féliciter dans le respect des droits des femmes. En Afrique, Il se classe tout juste derrière la Maurice, l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, le Cap Vert, Sao Tomé et Principe et la Tanzanie. Le gouvernement a déjà mis en place de nombreuses mesures pour promouvoir l’égalité des sexes dans tous les domaines de la vie et, les performances déjà réalisées sont à saluer. D’importantes mesures restent encore à prendre pour assurer l’autonomisation économique de tous, mais il faut le reconnaître, le Togo est bien un modèle pour les autres pays d’Afrique